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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 10:03
Bonjour,

Ce matin, je voudrais vanter les mérite de l'une des plus grandes inventions de l'Homme moderne : le bic.

Cet outil, appliqué au dessin est tout bonnement génial. Il permet de travailler très rapidement, sur des surfaces assez grandes et surtout de fournir plusieurs effets. Par exempe, un travail très léger, à peine esquissé, en effleurant la feuille. Puis on passe et repasse jusqu'à bien cerner la forme. Enfin, lorsque le trait est juste, on y va franchement, et on délimite le contour. Cela permet entre autre de donner des effets de mouvement assez remarquables. Autre technique, illustrée ici, un travail plus proche de la plume.

Je voulais sortir ce sujets parcequ'il me rappelle en plus un grand moment que beaucoup comprendrons. Voilà, je travaillais à l'époque dans une firme au sein de laquelle toute activité artistique s'apparentait au mieux à des loisirs créatifs ou plus courament à une perte de temps intolérable dans un cadre professionnel. Ceci me posait un petit problème avec mon supérieur. En effet, depuis que je sais tenir un crayon, j'ai besoin de dessiner pour me concentrer. Ce fut le cas en école primaire, au collège, au lycée, en classes préparatoires, puis en études supérieures. Arrivé dans le monde professionnel, je continuais donc de plus belle à meubler ces interminables réunions, task forces et autres clubs de rencontre.  Un été, ayant pris mes congés en juillet, je me retrouve quasiment seul en août. J'apprends alors que le 14 apût n'est pas chomé.
Je construis alors le projet de venir commettre un terrible sacrilège dans les locaux même de mon très honorable employeur : peindre une gouache aissis dans le fauteuil de mon supérieur.

J'arrive alors, seul, le 14 aût au matin dans un batîment entièrement livré à mon bon plaisir. Je pose sur le large bureau toujours impeccable, en vrac : 9 tubes de linel (gouache extra fine), un vieux chiffon, qui a du me servir de chemise dans un temps lointain, un pot de bonne maman, une bouteille d'Evian, du robinet, une palette plastique et un contrecollé de couleur. Une fois l'espace conquis, je retourne le large fauteuil renaissance suédoise vers le paysage et je commet l'irréparable : je m'y affale. Après, c'est confus, le plaisir de peindre se mélange au plaisir de profaner ce temple de la rigeur industrielle. après deux heures en dehors du monde, le travail est fini :


Mis à part ce petit écart, cette gouache constitue aussi un espoir important. En effet c'est la première que je réalise sans la présence de la mer. En fait, le mouvement des ombres sur les chants de blé est relativement proche de ce que l'on peut percevoir sur la mer. Par contre, la difficulté réside dans le choix des couleurs. Comme la palettes des bleus est infinies en bord de mer, les verts sont ici très importants. Ceci va nécessiter un gros travail.

Bon passons maintenant à la suite. 15 jours après avoir réalisé la gouache, ce fut mon dernier jour sur le sîte, je décide donc de marquer l'évènement en réalisant une deuxième version du paysage précédent, mais de manière plus discrète : au bic :


Dans cet exercice, on ne dispose plus des couleurs pour faire ressortir un détail. Il faut donc regarder le monde autrement : par quelle masses ce paysage est il animé ? Une fois cette question posée, il faut comprendre que l'on ne possède comme seul outil de représentation que le contraste.
La vagétation est très facile à rendre les contrastes sont en particulier très bien rendus. Le plus difficile est de saisir les nuages. Il faut imaginer qu'ils sont rapides à défiler et que le travail de croisillons est lui plutôt lent. La recette est donc de figer un contouring de masses nuageuses représentatif de la réalité, d'en identifier les contraste les plus important et de les remplir avec patiente, en recalant au fur et mesure certains écarts par rapport à la réalité. Ici on distingue en gros trois zones :
1- Le fond qui donne la profondeur (voir un article précédent)
2- La masse nuageuse occupant la bande centrale. Elle est de forme "conique" de manière à bien marquer les masses étirées par le vent
3- La partie supérieure, représentant la traîne. Elle a pour fonction principale de faire ressortir la masse principale par un contraste bien marqué.

Voilà, je vous laisse juger suivant vos préférences.

Bonne journée

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Published by xavier2649 - dans Paysages
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